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Milieux aquatiques

Le patrimoine de l’Agly et de ses affluents est riche et varié aussi bien au niveau biologique, géologique que culturel.

La ripisylve :

La ripisylve représente l’ensemble de la végétation en bordure de cours d’eau. C’est un espace de transition entre le milieu aquatique et le milieu terrestre. Son rôle est primordial pour le maintien du bon état des cours d’eau:

  • Protection des berges contre l’érosion
  • Source de nutriments, d’abris et d’espaces de reproduction pour les espèces aquatiques
  • Filtre contre les pollutions
  • Favorise la biodiversité : Habitats spécifiques, corridors biologiques
  • Effet d’ombrage
  • Réduction des crues : ralentissement des eaux et piège à embâcles

Pour assurer ces fonctions, la ripisylve doit être dense, posséder des classes d’âges variés, des strates végétales et des essences diversifiées.

                     

Les espèces représentatives de la ripisylve sont l’aulne, le saule, ou encore le frêne. Ces arbres ont un système racinaire développé qui stabilise les berges et résistent très bien aux crues.

Cependant, des espèces invasives mettent en péril l’équilibre des ripisylves du bassin versant de l’Agly. Ces espèces, telles l’Ailante, la Jussie, la canne de Provence… colonisent facilement le milieu grâce à leurs croissances rapides et à leurs systèmes de reproduction diversifiés (drageonnage, rejet, dissémination de graines et/ou fragmentation). Certaines de ces plantes comme l’ailante produisent des substances toxiques qui inhibent le développement des autres espèces. Le pouvoir de propagation de ces plantes est également accentué par les cours d’eau, formidable vecteur de dispersion notamment lors de crues. Ainsi, la prolifération de ces espèces entraine une concurrence pour l’espace et la lumière avec les plantes indigènes, change de façon significative la structure, la composition et le fonctionnement des écosystèmes et appauvrit le milieu.

Les espèces protégées

L’Emyde Lépreuse :   Parmi tous les animaux qui peuplent nos cours d’eau, l’Emyde lépreuse est l’une des plus rares et des plus patrimoniales. Cette petite tortue aquatique d’eau douce est localisée en Espagne, au Portugal et dans les pays magrébins. En France, les seules populations fonctionnelles (qui se reproduisent) se trouvent uniquement dans les Pyrénées-Orientales. Historiquement, sa population s’étendait jusqu’à la vallée du Rhône comme l’atteste les restes fossiles. Vivant dans les cours d’eau à faible courant, les bras morts, les mares et les zones humides périphériques, on la retrouve sur notre bassin versant sur la partie aval, principalement d’Espira de l’Agly à la mer. L’espèce a été aussi observée à Estagel. Mais la population d’Emyde lépreuse est fragile et fait l’objet de nombreuses menaces comme l’assèchement des zones humides, la fragmentation des habitats, la canalisation des cours d’eau… Au vu du faible nombre d’individus en France, un plan National d’Actions a été mis en place avant tout pour sensibiliser à sa prise en compte pour cette espèce très discrète de nos rivières.

La Cistude d’Europe : autre tortue protégée sur le bassin versant de l’Agly, la Cistude d’Europe est une tortue d’eau douce vivant dans les zones humides ou les cours d’eau lents. Autrefois très présente en France, sa population est en forte régression à cause de l’assèchement des zones humides, de la fragmentation de leur habitat, la pollution… Elle est également en concurrence avec des espèces de tortues exotiques introduites dans nos cours d’eau comme la tortue de Floride. Ainsi, il ne reste plus que quelques foyers de Cistude d’Europe en France, principalement localisés sur le pourtour méditerranéen. L’Agly abrite la seule population reproductrice du département des Pyrénées-Orientales.

L’Écrevisse à pattes blanches : l’écrevisse à pattes blanches est une espèce présente dans les eaux douces. Cette espèce est très exigeante sur la qualité physico-chimique des eaux. Elle a en effet besoin d’une eau claire, de bonne qualité, bien oxygénée et possédant une température relativement constante inférieure à 12 degrés. Mais son habitat est menacé par l’impact des activités humaines qui modifie son milieu (pollution, urbanisation, réchauffement des eaux). L’écrevisse à pattes blanches est également menacée par les écrevisses exotiques comme l’écrevisse de Louisiane, l’écrevisse américaine ou encore l’écrevisse de Californie. Ces écrevisses sont en concurrence avec les écrevisses autochtones et sont vectrices de maladies comme la peste de l’écrevisse dont elles sont porteuses saines contrairement à l’écrevisse à pattes blanche qui y est très sensible.

Le Desman des Pyrénées : le Desman des Pyrénées est un petit mammifère aquatique ou semi-aquatique nocturne. Il se nourrit de larves d’insectes, invertébrés benthiques et rhéophiles présents dans l’eau. Ce régime  alimentaire très spécialisé fait que le Desman est très sensible à toute modification du milieu. Il vit donc dans les cours d’eau de bonne qualité similaire à l’aire de répartition de la truite. Le Desman des Pyrénées est une espèce peu connue du fait de son mode de vie nocturne et  sa discrétion. Son aire de répartition aurait diminué de plus de 65% en 20 ans à cause de l’aménagement des cours d’eau, des loisirs, des pollutions et des espèces invasives.