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Des milieux menacés

Pollutions, réchauffement climatique, urbanisation… menacent le bon état de nos cours d’eau et l’écosystème qui en découle.

La continuité écologique :

La continuité écologique se définit par la libre circulation des organismes aquatiques et leur accès aux zones indispensables à leur reproduction, leur croissance, leur alimentation ou leur abri. C’est la continuité piscicole. Mais la continuité écologique comprend également le transport des sédiments au fil des cours d’eau: c’est la continuité sédimentaire.

La continuité écologique à une dimension amont avale, mais également une dimension latérale.

Ainsi, la continuité aussi bien piscicole que sédimentaire est impactée par des ouvrages transversaux comme les barrages, seuils, qui empêchent le passage d’amont en aval, mais également d’aval en amont. Elle est également impactée par ouvrages longitudinaux comme les digues et l’artificialisation des berges.

L’entrave de la continuité écologique à un impact plus ou moins important selon la hauteur ou l’emplacement de l’obstacle, mais également selon leur fréquence de succession.

L’Agly compte plus de 15 obstacles à la continuité écologique plus ou moins impactant, dont le plus important est le barrage de Caramany totalement infranchissable. Les autres obstacles sont le plus souvent des prises d’eau pour des canaux d’irrigation.

Pourtant les espèces aquatiques ont besoin être mobile afin d’accomplir leur cycle de vie (croissance, alimentation, reproduction), mais également pour faire face à des évènements ponctuels: crue, sécheresse, pollution, espèce concurrente.

De plus ces obstacles entrainent une succession de retenues d’eau qui modifient et ralentissent les écoulements ce qui provoque :

  • Une uniformisation des écoulements
  • Une augmentation de la température de l’eau
  • Une diminution de la qualité des eaux (eutrophisation, baisse de l’oxygène dissout…)
  • Une augmentation de la ligne d’eau en amont
  • Modification des débits en aval

C’est donc tout l’écosystème du cours d’eau qui est modifié.

La discontinuité sédimentaire peut être lourde de conséquences sur un cours d’eau. Les matériaux qui transitent habituellement d’amont vers l’aval sont stoppés en aval de l’ouvrage. Le déficit en aval génère une disparition des substrats favorables à la vie aquatique et l’érosion du fond du lit. Cela peut aller jusqu’à provoquer un enfoncement un lit du cours d’eau entrainant un affaissement des berges et un déchaussement des ouvrages comme les ponts. L’impact de ce déficit sédimentaire peut également se faire ressentir sur les plages du littoral en diminuant le rechargement naturel des plages en sable et aggrave ainsi le recul de trait de côte.

Afin de protéger au mieux la continuité écologique, un classement des cours d’eau a été réalisé.

Les cours d’eau en liste 1 ne devront faire l’objet d’aucune autorisation ou concession pour la construction de nouveaux ouvrages s’ils constituent un obstacle à la continuité écologique.

Les cours d’eau en liste 2 devront faire l’objet d’une restauration de la continuité écologique.

Sur l’Agly la liste 2 s’étend de la mer au village de Cases-de-Pène où un seuil naturel de plusieurs mètres y est présent. Ainsi, sur ce tronçon un seul ouvrage doit faire l’objet d’une restauration de sa continuité écologique : le passage à gué de Rivesaltes qui sert également de prise d’eau au canal de Claira.

Sur le reste du bassin versant, le SMBVA mènera des opérations permettant d’accroitre la continuité écologique sur tout le bassin versant. Cela peut se traduire par l’arasement ou l’abaissement de seuil et la destruction de digues pour favoriser les zones d’expansion de crue.

Les espèces invasives

Les espèces invasives sont des plantes exotiques qui deviennent nuisibles à la biodiversité autochtone. Cependant, les plantes autochtones peuvent également devenir nuisibles à la biodiversité, on parle alors plantes envahissantes. Les plantes invasives ont été introduites de façon volontaire (élevage, horticulture….) ou accidentelle (introduite par le flux d’échange entre les pays) et font aujourd’hui des ravages dans nos écosystèmes. Seule une petite partie des espèces introduites devient invasive, mais cause des dommages importants.

Les dommages causés par les plantes invasives sont multiples :

  • Disparition d’espèces locales : Les espaces deviennent monospécifiques et la biodiversité présente dans le milieu diminue. La concurrence avec les espèces locales est forte au point de les faire disparaitre.
  • Transformation des paysages : Par l’invasion de ces espèces, nos paysages se modifient. Il est alors très dur de retrouver les milieux tels qui étaient autrefois.
  • Problème de santé publique : Certaines espèces peuvent s’avérer très irritantes pour les voies respiratoires et la peau.
  • Cout social et économique : La perturbation des activités (circulation, loisirs…) engendre des conséquences pour les usagers. Mais également, les actions qui sont menées afin de régulariser ses espèces sont couteuses.

Les principales espèces invasives présentes sur le bassin versant de l’Agly sont :

Les espèces végétales :

SMBVALa canne de Provence: Cette graminée est présente principalement dans le sud de la France. La canne qui ressemble à un gros roseau, peut atteindre 5 à 6 mètre et peut vivre plus de 10 ans. Elle se reproduit par rhizomes qui s’étendent dans le sol et donnent de nouvelles tiges. Un fragment de rhizome ou de tige peut donner une nouvelle plante. La canne pousse très rapidement. Ainsi, la canne de Provence est très présente en bordure de cours d’eau. Les fragments de rhizomes et de tiges sont transportés par les cours d’eau et s’implantent sur les berges lorsque la ripisylve est peu dense. Cela forme des peuplements quasi mono spécifiques et denses sur les berges, réduisant la diversité d’habitats et d’espèces animales et végétales.

Sur le bassin versant, la canne est présente de façon quasi mono spécifique sur plusieurs cours d’eau ou tronçon de cours d’eau (ruisseau de Vingrau, la Coume Clare, l’Agly…).

L’érable négundo: Cet arbre apprécie les climats chauds et les habitats humides. Ainsi, on le retrouve régulièrement en bordure de cours d’eau. Il forme des graines à ailes qui sont dispersées par le vent et par les cours d’eau. Sa plasticité écologique est élevée. Il croît plus rapidement que les espèces indigènes ce qui lui permet de s’implanter dans la végétation. Ainsi, dans la ripisylve l’érable négundo réduit la densité des arbres indigènes.

Seuls quelques arbres ponctuellement ont été recensés sur le bassin versant.

L’Ailante : cet arbre originaire d’Asie est peu exigeant et croît rapidement. Il se propage grâce ses graines et par drageonnage en émettant des rejets. De plus, il diffuse des substances toxiques dans le sol afin d’inhiber la germination des autres espèces. Ainsi, en peu d’années il forme des peuplements monospécifiques denses réduisant les habitats et la biodiversité.

Sur le bassin versant, seuls quelques arbres ponctuellement ont été recensés.

Le Buddleia de David : cet arbuste à une durée de vie pouvant atteindre 30 ans et peu fructifier dès sa première année. Cette plante peu exigeante s’adapte à une large diversité de climat et de sols. Il forme des peuplements denses réduisant la biodiversité.

Peu de spécimens ont été constatés sur les cours d’eau du bassin versant.

Le Robinier faux acacia: cet arbre qui se propage grâce à une libération de graines importantes et une croissance rapide. Il drageonne et rejette beaucoup d’autant plus quand il est stressé (coupe, brûlage…). Ces peuplements denses changent l’écosystème en place en fixant dans le sol de l’azote.

Sur le bassin versant de nombreux Robinier faux acacia sont présents dans la ripisylve.

La Jussie : Cette plante aquatique vivace et ubiquiste s’implante à l’interface de l’eau et de la berge. Elle colonise de préférence les milieux stagnants ou à faiblement courants, mais sa très vaste amplitude écologique lui permet de se développer également sur des vases émergées, bancs de galets ou graviers en bordure de cours d’eau. Elle se dissémine par graines et par fragments de plantes arrachés par le cours d’eau. La Jussie forme une couverture homogène à la surface de l’eau. Ainsi, elle crée des herbiers quasi mono spécifiques et réduit la biodiversité. Elle facilite également le dépôt de sédiments et diminue la surface de zones humides ou d’annexes hydrauliques.

Sur le bassin versant, la Jussie est très présente sur la partie aval (Estagel, Espira de l’Agly, Rivesaltes…). Elle est également présente sur l’aval du Verdouble. En effet, la section d’écoulement est plus large sur la partie aval, réduisant la vitesse d’écoulement et facilitant l’implantation de la Jussie.

Les espèces animales :

La tortue de Floride: L’espèce de tortues les plus invasives sur le bassin versant est la tortue de Floride. Cette tortue ne possède pas de prédateurs naturels ce qui lui permet de se reproduire et de proliférer dans nos cours d’eau. De plus, elle est agressive et entre en concurrence avec la Cistude ou l’Emyde lépreuse pour l’espace et la nourriture. Cette tortue est omnivore  et s’attaque tout aussi bien aux algues et plantes aquatiques qu’aux poissons, aux insectes et aux autres amphibiens.

Les écrevisses exotiques : les écrevisses américaines, de Louisiane ou encore Signal ont colonisé nos cours d’eau. Ces écrevisses sont en concurrence avec les écrevisses autochtones pour l’espace et nourriture, mais elles sont aussi vectrices de maladies comme la peste de l’écrevisse dont elles sont porteuses saines contrairement à l’écrevisse à pattes blanche qui y est très sensible. De plus, les écrevisses forment des galeries dans les berges pouvant atteindre plus de 2 m de profondeurs ce qui fragilise les berges.

Le vision d’Amérique : le Vison d’Amérique a été introduit en France dans les élevages pour sa fourrure. Mais de nombreux spécimens se sont échappés et ont colonisé les milieux naturels. Le vison d’Amérique est très vorace et possède un régime alimentaire très diversifié (poissons, insectes, rongeurs…). Il est également en concurrence avec le vison d’Europe qui occupe les mêmes niches écologiques. C’est également un vecteur de virus pour les autres animaux.

La gestion de ces espèces est difficile. Il est d’ailleurs très difficile d’éradiquer une espèce invasive. Les actions menées servent principalement à les régulariser pour éviter leurs proliférations. Mais ces actions sont coûteuses et leurs effets plus ou moins efficaces.